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Les troubles alimentaires en 10 points « Nous ne sommes pas notre corps, mais en tant qu’expression de notre vie, nous devons le respecter. Il ne peut nous encombrer que si nous perdons toute conscience de ce qui circule en lui. Nous ne sommes pas plus réductibles à cette expression physique qu’à cette expression sociale qu’est notre personnalité, cet état d’être qui n’existe que par rapport aux autres et souvent pour les autres. Ce que nous sommes en réalité est au-delà de toute définition, et il n’appartient qu’à nous de le découvrir. » (Extrait du livre Anorexie, l'insurrection de la conscience)
1. La nourriture est un médiateur affectif. Chez tous ceux qui souffrent de leur relation avec la nourriture, manger équivaut à se remplir d’affection maternelle. Derrière la nourriture se trouve toute l’affection que nous a porté - ou non - notre mère, dès les premiers instants de la vie. La façon dont nous avons vécu cet échange marquera profondément notre relation à la nourriture. 2. Le manque de communication dans la cellule familiale. Lorsqu'il n'y a pas eu de violences, on retrouve au moins un certain déficit relationnel : des parents absents à cause de leur activité, des parents qui se sont désintéressés de leur enfant, ou dont la présence a été presque étouffante dans les formes mais complètement vide dans le fond. En cessant de s’alimenter, beaucoup d’anorexiques tentent d’attirer leur regard pour voir combien ils pèsent réellement dans leur vie. 3. L’histoire familiale joue la plupart du temps un rôle central. Sans possibilité d’exprimer ses sentiments, des secrets de familles sont fidèlement portés comme un fardeau, et les choses subies, découvertes, pressenties ou parfois même fantasmées, ne laissent pas de place à l’oubli. 4. Un esprit qui n’est jamais au repos. Ils sont pris dans le tumulte de leurs pensées, qui les empêchent de vivre l’instant présent et de regarder ce qui se passe en eux, d’être vraiment attentifs à ce qu’ils ressentent. Comment dépasser un état que l'on ne parvient pas à définir ? 5. Notre société n’est pas un modèle vis-à-vis de l’attention et du respect qu’on porte à son corps comme à la nourriture. Nous nous sommes réfugiés dans les constructions mentales, malmenant un corps qui doit fonctionner en se faisant oublier. Quand à la nourriture, elle est surtout un bouche trou pour faire taire une faim à l’heure du repas. 6. Un sentiment de vide chronique. Ce n’est pas parce qu’il n’y a rien en eux, mais qu’au contraire trop de choses les remplissent : trop de souffrances, de peines, de doutes, d’incompréhensions, d’émotions inexprimées, d’idées qui se bousculent, et qui finissent par occuper tout l’espace de leur esprit. Il n’y a plus de place pour accueillir l’amour et le bonheur auquel ils aspirent.
7. Le poids n’est pas nécessairement en rapport avec la nourriture réellement ingérée. Il est possible de manger à peine trop et de prendre du poids dans des proportions désespérantes. Faire tous les efforts du monde pour maigrir n'y changera rien tant que ce qui nous pousse à grossir n’est pas identifié. 8. Notre corps est indissociable de notre état d’esprit. Le corps c’est l’identité, il ne fait qu’adopter un profil qui correspond à la logique d’occupation de l’espace de chacun : il y a ceux qui sont en retrait, ceux qui vont de l’avant, sont offensifs, ceux qui hésitent, et ceux qui voudraient disparaître. 9. Le besoin de repères et d’authenticité. Dans notre société individualiste fortement touchée par le stress, beaucoup de personnes aux prises avec leurs émotions et incapables de s'adapter sans aide restent sur le bord de la route. Leur sensibilité est un atout pour accéder à leurs ressources intérieures qu'ils savent très bien percevoir mais pas mobiliser. Leur prise en charge demande beaucoup d’humanité et de grandeur d’esprit. 10. Le manque de sens à la nourriture et à la vie. Pourquoi mange t-on ? Les anorexiques ont le mérite de poser avec intransigeance cette question cruciale pourtant éludée par la plupart d'entre nous. Il ne s'agit pas moins de ce qu'on accepte de faire entrer en nous et du sens qu'on y donne. Nous mangeons trop souvent n'importe quoi n'importe comment, car nous nous sommes coupés de nos ressentis et de leur signification. Pas les personnes souffrant de troubles alimentaires, dont la perception est à fleur de peau.
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